Une femme très prise par sa vie trépidante reporte sans cesse sa visite à son ami d'enfance souffrant. Lorsqu'elle s'y rend enfin, l'ami a déménagé loin pour ses soins, lui laissant une leçon de vie inestimable dans une lettre.
Le temps est le seul voleur que nous accueillons à bras ouverts. On se dit toujours "demain", "le mois prochain", "quand les choses se calmeront". Clara vivait à mille à l'heure. Entre les réunions, les enfants et les obligations sociales, son agenda ne laissait aucune place à l'imprévu. Mais à force de reporter ce qui est important, la vie finit parfois par fermer la porte sans nous attendre.
Julien était l'ami d'enfance de Clara. Celui qui l'avait soutenue lors de ses épreuves à l'université. Depuis deux ans, Julien se battait contre une maladie lourde. Il habitait à trois heures de route. "Promis, je passe ce week-end", disait Clara chaque vendredi au téléphone, avant d'annuler le samedi matin à cause d'une fatigue passagère ou d'un dossier urgent. Julien répondait toujours avec le même rire doux : "Ne t'inquiète pas, la maison ne va pas s'envoler". Un matin de novembre, le téléphone de Clara sonna dans le vide.
Inquiète du silence prolongé de son ami pendant plusieurs jours, Clara annula toutes ses réunions et prit enfin la route. Elle conduisit vite, le ventre noué par l'angoisse et la culpabilité. En arrivant devant la petite maison aux volets bleus de Julien, le choc fut immédiat. Les volets étaient clos, le jardin en friche. Un panneau "À Vendre" était planté dans la pelouse.
Elle courut vers la boîte aux lettres. À l'intérieur, il n'y avait qu'une seule grande enveloppe, avec son prénom écrit de la main tremblante de Julien.
Clara déchira l'enveloppe. La lettre disait : "Ma chère Clara, si tu lis ceci, c'est que tu as enfin trouvé le temps. Ne pleure pas. Mon traitement n'a pas fonctionné et ma sœur a décidé de m'emmener dans sa clinique en Suisse pour mes derniers mois. Je savais que tu avais peur de me voir malade. C'est pour ça que je ne t'en veux pas pour tes retards. Mais promets-moi une dernière chose : arrête de courir après le temps. Prends-le. Le plus beau cadeau que tu puisses faire à ceux que tu aimes, ce n'est pas ta réussite, c'est ta présence."
Conclusion
Julien n'était pas mort, mais il était parti trop loin pour qu'elle puisse se rattraper. Clara s'effondra sur le perron, serrant la lettre contre elle. Cette promesse jamais tenue a changé Clara à jamais. Dès son retour, elle a posé son téléphone, s'est assise avec ses enfants, et a fait la seule chose qui compte vraiment : être là, ici et maintenant.
Et vous, que feriez-vous dans cette situation ?

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